Études Coraniques

Généralités sur le Saint Coran

Le coran n'est pas un livre au sens où les occidentaux entendent ce terme. Sa dénomination arabe est « Al Qur’ane » qui signifie « la récitation» , ou « la lecture », fait référence à des paroles (prononcées ou écoutées) et non pas à un texte.

Le coran est une récitation destinée à être apprise par coeur et à être diffusée par la parole. Cette façon de faire est fondamentalement différente de ce qui se pratique dans les synagogues, où les rabbins lisent le livre intitulé “Ancien Testament” et fondamentalement différente aussi de ce qui se pratique dans les églises, où les prêtres lisent le livre intitulé “Nouveau Testament”.

L'objet “livre intitulé coran” n'est qu'un simple outil destiné à l'apprentissage par coeur de la récitation du texte qu'il contient.

Le coran a été récité par le prophète *, par fragments, sur une période de vingt trois ans, à partir de l'âge d'environ quarante ans jusqu'à sa mort, à l'âge d'une soixante trois ans en l'an 632 de l'ère dite chrétienne. Ses récitations commencèrent dans sa ville d'origine, La Mecque. Après qu'il eut été chassé de La Mecque, il continua ses récitations dans la ville de Médine. C'est à Médine qu'il est mort, après avoir eu la victoire sur Mecquois .

Selon le prophète*, les récitations lui auraient été dictées par l'ange Gabriel, directement en langue arabe, sur l'ordre de Dieu. Ainsi, le Coran n'est pas seulement le fondement de l'islam, c'est aussi, la parole de Dieu. Ceci explique pourquoi il fut longtemps interdit de le traduire et c'est aussi la raison pour laquelle est systématiquement enseigné en arabe, et uniquement en arabe, dans les « écoles » coraniques.
Un coran écrit dans une langue autre que l'arabe n'est pas le coran : ce n'est que le sens des différents versets d’ « Al Qur’ane ».

La tradition affirme que les révélations ont été transmises oralement par les auditeurs qui les retenaient par cœur, en partie ou en totalité Parallèlement une fixation par écrit s’est initiée par des moyens rudimentaires, « omoplate ou peau d’animal, tesson de poterie, pierre plate, etc…mais aussi sur du parchemin ou des feuilles de papyrus. Un récit nous dit que Mohammad* convoqua son secrétaire Zayd Ibn Thâbit, lui faisant dire de venir « avec l’omoplate, l’encre et la planchette » pour qu’il lui dicte un verset. Ce même Zayd, chargé plus tard par Abou-Bakr et ‘Omar de collecter le Coran, raconte : « Je me suis mis à suivre les traces du Coran, en recopiant (ce qui en était écrit sur ) des feuillets, des tiges de palmiers et des pierres plates et (en transcrivant ce qui était) dans la poitrine des hommes. »

Cette même tradition affirme que les deux premiers califes eurent le projet d’établir une version officielle du texte coranique, mais que ce projet fut réalisé par le troisième calife, Othmân Ibn ‘Affân, inquiet de voir diminuer, par la mort naturelle ou dans les combats, le nombre de ceux qui connaissaient par cœur le Coran. Pour cette version, il fit réunir les divers textes ou fragments en circulation, le principal étant celui que détenait Hafsa, la fille de Omar. Ayant fait établir cette version par Ibn Ka’ab et Zayd Ibn Thâbit, il ordonna de détruire toutes les autres versions écrites (à l’exception de celle de Hafsa, qui lui fut rendue, mais fut détruite après sa mort en 665 par le gouverneur de Médine, Marwan !?).

L'ordonnancement du Coran d'Othman n'est pas chronologique, ni ne suit aucune logique autre que de présenter les chapitres (sourates) dans un ordre censé en faciliter l'apprentissage par coeur : Les sourates sont classées par ordre de longueur, les plus longues en premier.

Pour tenter de redonner un sens plus ou moins historique au coran, il faut rétablir les sourates selon un ordre à peu près chronologique. Cela signifie que les versets dits « de La Mecque » viennent en premiers tandis que ceux dits « de Médine » viennent en seconds.

Il n'est pas possible de retrouver un ordre dont on puisse assurer à 100% qu'il soit exactement l'ordre historique, d'autant plus qu'il semblerait que certains versets donnés à Médine aient été incorporés dans d'autres donnés à La Mecque, et inversement !

La traduction du Coran en d’autres longues demeure un texte très « indigeste » pour un Occidental car le découpage des phrases en vers en perturbe la lecture et fatigue rapidement le lecteur qui doit, en permanence, faire des aller-retour dans le texte afin de dégager les phrases complètes de la succession des versets. C’est cependant un exercice indispensable si l’on veut mettre en évidence les notions, qui sont énoncées dans les 114 chapitres ou « sourates ».

L’exégèse du coran n’est pas un exercice difficile mais il exige une bonne maitrise de la langue arabe, et beaucoup de rigueur dans la méthode ainsi que de situer les versets tant dans leur contexte historique, ce qui ne peut se faire qu’en rétablissant au mieux l’ordre chronologique de leur première récitation.

(*) =

3 réponses à “Études Coraniques”

19 05 2009
islamy
19 05 2009
islamy
islamy (14:00:23) :

Bonjour,

Merci cher Eliakim pour votre commentaire, je serais très reconnaissant si vous m’orienter vers des sources solides démontrant que :

1- l’arabe de l’époque n’était pas tout à fait celui d’aujourd’hui
2- l’ arabe de l’époque (7ème siècle) était un mélange de syro-araméen

NB: que les résultats des travaux scientifico-historiques, tel que ceux de:

Adolph von Harnack, Hanna Zakarias, Saint IRÉNÉE , Theodor Nöldeke, Bruno Bonnet …où chaque auteur conclut à un résultat différent des autres
pourtant ils affirment tous de suivre la méthode scientifique !!!

Pour un seul texte, une salade de résultats (scientifique)

Cordialement

17 05 2009
Eliakim
Eliakim (22:38:11) :

“les récitations lui auraient été dictées par l’ange Gabriel, directement en langue arabe,”

Je crains que ce soit plus compliqué cher ami … D’ ou l’argument de la traduction erroné ; En effet si l’arabe de l’époque n’était pas tout à fait celui d’aujourd’hui et que en plus cet arabe de l’époque était un mélange de syro-araméen, la traduction en arabe elle même n’est pas la coran d’origine … a mediter

De plus une traduction n’est pas une trahison lorsqu’il s’agit d’étudier un texte. Une bonne traduction explique a chaque fois que nécessaire les differentes connotation d’un mot, son histoire, sa definition au fil du temps. 0 la fin on a une image encore plus grande du mot ou du paragrahe. Plus qu’une lecture en langue originale si la personne qui la lirait n’est pas versé et cultivé dans le domaine.

Le seul avantage de la langue originale ( voir les langues originales concernant le Coran) est a voir du coté emotionnelle, siprituelle mais absolument pas pour ce qui est de la comprehension et/ou de s’en faire une opinion par exemple

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